Chaire Prevent'horizon


LE MARCHE DE LA PREVENTION EN SANTE EST-IL SOUTENABLE ?

La Fondation du Risque, en partenariat avec deux laboratoires de l’Université Claude Bernard Lyon 1 (UCBL) - le laboratoire de Sciences Actuarielle et Financière (SAF) et le laboratoire Health Services and Performance Research (HESPER) -, ainsi que neuf partenaires financiers, acteurs de référence du marché de l’assurance de personnes - les sociétés ACTUARIS, AGR2 LA MONDIALE, COVEA, ALMERYS-GLOBAL SECURED SOLUTIONS, GROUPAMA GAN VIE, GROUPE PASTEUR MUTUALITE, HARMONIE MUTUELLE, HUMANIS PREVOYANCE, et LA MUTUELLE GENERALE - , crée la Chaire d’Excellence Prevent’ horizon. Ce programme de recherche de grande envergure s’inscrit explicitement dans le cadre des enjeux que représente la soutenabilité d’un marché de la prévention et de la complémentarité de ce marché avec celui de l’assurance dans le domaine de la santé et de la prévoyance.

Alors que les dépenses de santé en France sont parmi les plus élevées des pays de l’OCDE (12% du PIB), le paradoxe veut que la France affiche, dans le même temps, une espérance de vie sans incapacité très inférieure à la moyenne européenne ainsi qu’une mortalité précoce évitable très élevée. Ces chiffres révèlent les limites d’un système de santé orienté quasi exclusivement vers une prise en charge curative et soulignent ainsi les enjeux que représente la prévention. Même si la France tend à mettre en place des mesures pour réorienter les efforts en direction de la prévention (loi de santé 2004, loi de santé 2015, Stratégie Nationale de Santé,  etc.), ces dispositions législatives et réglementaires ne suffisent pas à orienter les comportements attendus dans le cadre une politique de prévention efficace.

C’est dans ce contexte que la Chaire Prevent’horizon répond à la nécessité partagée par tous les partenaires financiers et académiques d’évaluer dans quelles mesures la prévention en santé pourrait se concrétiser par des mécanismes efficaces qui donneraient une réalité à la notion de marché de la prévention. L’enjeu consiste à induire les comportements propices à la réduction des risques plutôt que de recourir au système assurantiel de la couverture, et ainsi aller vers une solution gagnant-gagnant : l’assuré exposé à de moindre risques, l’assureur couvrant de plus faibles risques et la puissance publique devant moins souvent jouer le rôle de l’assureur de dernier ressort.

Pierre ARNAL, Directeur Général d’Actuaris - partenaire financier initiateur de la Chaire Prevent’horizon - qualifie ce vaste programme de recherche d’« objectif ambitieux : fonder les bases scientifiques et économiques d’un modèle durable et légitime de prévention au sein de l’assurance ». Il ajoute également que « l’enjeu majeur du secteur de l’assurance en prévoyance et santé est de sortir d’une position de simple agrégateur de risques ou de payeur aveugle en bout de chaine pour l’assuré ».


POUR ALLER PLUS LOIN…

Co-dirigée par Jean-Louis Rullière, Professeur d’économie à l’UCBL (ISFA-SAF) et Anne-Marie Schott, Professeur de santé publique à l’UCBL et Directrice du Laboratoire HESPER, la Chaire se donne un horizon de 5 ans pour intégrer les modèles de la prévention en santé dans le calcul économique des acteurs de l’assurance.

Cette intégration suppose un décloisonnement entre toutes les disciplines concernées par la prévention, objectif partagé par l’Institut Universitaire de la Prévention,  PRESAGE-Lyon, en cours de création et porté le Professeur Philippe Vanhems, directement associé à la chaire Prevent’Horizon.

Deux axes de recherche principaux sont identifiés :

  • L’existence d’une offre et d’une demande : contrairement aux idées reçues, dans bien des cas, soit l’offre, soit la demande, n’apparaissent pas spontanément car les incitations naturelles sont bloquées le plus souvent par des biais comportementaux. Il s’agira donc de caractériser les conditions d’existence d’un marché de la prévention en assurance santé ;

 

  • La rencontre de l’offre et de la demande : derrière cet enjeu qui est resté longtemps trivial aux yeux des économistes, se pose la question du Market Design (au sens d’Alvin Roth 2016) – conception de marché qui suppose en premier lieu la définition des canaux de communication entre offreurs et demandeurs. Il sera ici question de définir les conditions de la rencontre efficace de l’offre et de la demande, en d’autres termes matcher les caractéristiques de l’assuré en face du bon programme de prévention.

 

Ces objectifs rassemblent des domaines de compétences très variés tels que la santé publique, l’épidémiologie, la bio statistique, l’assurance, l’économie des comportements, les mathématiques et probabilités appliquées à l’actuariat, l’économétrie ou encore le marketing social. Autant de disciplines que nous retrouvons dans le comité de pilotage associé à la Chaire, composé de 15 membres issus des mondes académique et professionnel, et qui aura pour mission d’encadrer le programme de recherche. 

Contact : sophie.castelbou[at]isfa.fr